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12-13 décembre 1793 – La bataille du Mans

La bataille du Mans et les massacres qui s'ensuivirent furent un des épisodes les plus dramatiques de la Révolution. Ces deux journées sanglantes signèrent la fin de la Virée de Galerne et l'anéantissement des Vendéens, combattants et civils, avant l'hallali de Savenay dix jours plus tard.


La bataille du Mans, 12 décembre 1793
La bataille du Mans, 12 décembre 1793
Vaincus sur leur sol à la bataille de Cholet (17 octobre 1793), les Vendéens acculés à la Loire ont entamé une longue marche vers le nord, en quête de renforts chouans et d’un port pour y recevoir des secours. Leur échec devant Granville (14 novembre) les a contraints à revenir sur leurs pas, mais incapables de prendre Angers et de s’assurer le passage de la Loire, ils ont poursuivi leur chemin de croix vers le Maine.

La bataille du Mans

Marceau au combat dans les rues du Mans
Marceau au combat dans les rues du Mans
Le 10 décembre, les Vendéens quittent La Flèche pour attaquer Le Mans dont ils s’emparent vers 16h, après avoir écrasé les défenses de Pontlieue. Leur armée et la foule de civils, femmes et enfants, qui l’accompagne, espèrent y reprendre des forces.
Les Bleus rassemblent leurs troupes pour donner l’assaut le 12 décembre. Les combats durent toute la journée. Vers 21h, les soldats républicains sont maîtres de la moitié de la ville, tandis que les assiégés se replient en désordre à travers les rues encombrées du vieux Mans. Une véritable panique saisit les Vendéens qui fuient sur la route de Laval, pendant que les artilleurs continuent de tirer depuis la place de l’Éperon, afin de donner l’illusion que leur armée est toujours là.
Les tirs s’interrompent quelques heures durant la nuit, pour reprendre le 13, à 7h du matin, dans une nouvelle attaque sanglante des Bleus dont chaque pas est signalé par des scènes de massacres épouvantables. 300 Vendéens se sacrifient pour protéger la retraite des survivants de ce désastre.
Le lendemain, 14 décembre, les représentants en mission créent une commission pour aussitôt juger et condamner à mort les Vendéens qui n’ont pu fuir à temps. Ces deux journées terribles se solderont par un lourd bilan humain, 15.000 morts, 5.000 dans les rues du Mans et 10.000 sur la route de la retraite entre Le Mans et Laval.


Les témoins racontent…

Combats à mort dans les rues du Mans
Combats à mort dans les rues du Mans
Les sources nombreuses écrites par des contemporains, témoins des faits, attestent toutes de la dureté des combats dans les rues du Mans et de l’horreur des massacres qui y furent perpétrés.
Parmi les Vendéens, citons les mémoires d’Amédée de Béjarry, de Mesdames de La Rochejaquelein et de Bonchamps, de Pierre Mondain, Joseph de Fay, Michel Henri Gibert, Bertrand Poirier de Beauvais ou encore Louis Monnier.
Les plus émouvants sont peut-être les souvenirs de Pauline Gontard des Chevalleries qui avait 15 ans à cette époque, et dont le récit s’achève sur les terribles journées du Mans auxquelles elle survécut dans une cachette, dans l’angoisse permanente d’être découverte par les Bleus qui fouillaient les maisons.

Certains esprits chagrins pourront contester l’exactitude de tels témoignages issus du parti royaliste. Il est alors aisé de leur opposer les comptes rendus des républicains eux-mêmes, militaires ou administrateurs, dont les écrits sont plus effrayants encore. Outre les mémoires du général Kléber, les lettres et rapports de Benaben, commissaire du département de Maine-et-Loire près les armées de la République, « ont tracé le tableau le plus hideux que l’on puisse imaginer des horreurs commises au Mans. » (Savary, t. II, p. 439)
Son témoignage de première main est d’autant plus important que ce zélé patriote l’a rédigé à chaud, et ne peut donc être entaché de suspicion, comme nombre d’écrits postérieurs à la chute de Robespierre.

12-13 décembre 1793 – La bataille du Mans
Extrait des lettres de Benaben : « Lorsque j’arrivai au Mans, j’y fus témoin de toutes les horreurs que peut présenter une ville prise d’assaut. Les soldats s’étaient répandus dans les maisons en tiraient les cadavres des femmes et des filles des brigands (Vendéens) qu’ils avaient violées; ils les portaient toutes nues dans les places ou dans les rues; celles qui s’enfuyaient étaient aussi amenées dans ces mêmes endroits où elles étaient entassées et égorgées sur-le-champ à coup de fusil, à coup de baïonnettes ou à coups de sabre; on les déshabillait ensuite toutes nues ainsi que celles qu’on apportait mortes et qui étaient vêtues, et on les étendait sur le dos, les jambes écartées, les pieds rapprochés du corps de manière que les jambes fussent pliées, et les genoux en l’air; on appelait cela mettre en batterie. » La Terreur en Anjou, journal et correspondance de Benaben

Les rapports de Benaben sont corroborés par un document appelé « L’Enquête », émanant des autorités de la Sarthe, essentiel pour comprendre tous les événements relatifs au passage des Vendéens dans ce département en décembre 1793. Ce texte est intégralement reproduit dans le livre d’Henri Chardon (t. III, p. 390 et suivantes).


Les charniers du Mans

Détail d'une fosse mise à jour aux Jacobins
Détail d'une fosse mise à jour aux Jacobins
En février 2009, plusieurs fosses contenant des ossements ont été mises à jour lors de fouilles préalables à la construction d’un nouvel espace culturel, place des Jacobins au Mans. Les archéologues ont rapidement établi l’origine de ces charniers : les massacres du Mans, les 12 et 13 décembre 1793.

Cette découverte archéologique, une première pour l’histoire des Guerres de Vendée, a révélé quantité d’informations précieuses, après deux années de travaux et d’analyses menés par l’INRAP.

Les fouilles se sont achevées en septembre 2010. Sur les neuf fosses découvertes, 159 squelettes ont été retirés : 70 hommes, 38 femmes et 41 enfants. La disposition des corps montre que les charniers ont été creusés et remplis dans la précipitation, sans rite funéraire. Du reste, la présence de petits objets, pièces, boutons, croix, chapelets, etc. atteste que les victimes n’ont pas toutes été dépouillées avant leur inhumation, probablement par crainte de la maladie – la dysenterie faisait alors des ravages dans les rangs de l’armée vendéenne.

Autre révélation, beaucoup de corps portent des traces de coups d’armes blanches, sabres et baïonnettes, mais également d’armes à feu.

La question de savoir ce que vont devenir ces corps reste toujours ouverte, en espérant à terme qu’un mémorial les présentera au Mans, afin de ne jamais oublier, sur le lieu même de ce drame, l’importance de cette bataille dans notre Histoire.

Pour se souvenir du drame du Mans : Association Le Mans Virée de Galerne, 49 rue Paul Ligneul 72000 LE MANS
Mardi 13 Décembre 2011
La rédaction
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1.Posté par NAUDET Pierre le 05/04/2021 07:36
c'est très loin mais l'Histoire, de ces massacres, est toujours vivace. Depuis un certain temps, je recherche les traces d'un cousin, paternel, de mon épouse. (X degré!)

Il était capitaine, en second, dans la garde Nationale. Il a été tué le 10/12/1793 à Pontlieue.

Il se nommait BIGOT Maurice, né en 1765 à ? dans la Sarthe. (Téloché? Mulsanne? Brettes les Pins?)

Où puis-je retrouver son Histoire, afin de pouvoir écrire sa vie, SVP?

Je suis retraité, et je suis reconnu comme un amateur d'histoires, de la Grande Histoire Sarthoise. Je suis adhérent à la délégation départementale 72, du Souvenir Français.

Je vous remercie de votre attention, avec l'espoir de terminer ces recherches, positivement.

Avec mes courtoises salutations.

Pierre NAUDET

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